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| Petite notice étymologique sur Briis-sous-Forges | ||||
Dans le toponyme Briis-sous-Forges, ce qui suscite la curiosité de l'onomasticien, ce n'est pas l'expression "sous Forges". Celle-ci, nul ne l'ignore, nous renvoie à Forges-les-Bains qui tire son nom de forges médiévales (attestées vers 1205) ; et de la présence d'eaux froides, riches en chlorure de sodium et de magnésium où la ville de Paris envoyait jadis ses malheureux petits scrofuleux. Ce qui intrigue l'onomasticien, c'est la finale en -iis de Briis : très rare, elle peut s'expliquer par la disparition d'une consonne intervocalique (ici entre les deux i), ou bien par un très ancien ablatif pluriel latin. Pour pouvoir répondre à cette question, il faudrait pouvoir disposer de la chaîne des formes qui relie le mot moderne au terme originel, plus ou moins éloigné dans le temps. La seule attestation ancienne, antérieure à l'an Mil, que nous possèdions est celle qui est mentionnée dans la monographie consacrée au village. Il s'agit de "bragium" relevé dans un manuscrit de 768. Dauzat en a trouvé une autre,"breis" remontant à 1116. |
Sans pénétrer dans les détails qui ne passionnent que les spécialistes, disons que le gaulois bracu, latinisé en bragum, a dû passer, à l'ablatif pluriel, à bragis. C'est précisément cette forme, bragis,qui est à l'origine de Briis. Car il s'agit de ce que les spécialistes appellent l'ablatif-locatif,c'est-à-dire un cas de la déclinaison assez employé. Ici, en l'occurence,celui qui est resté, supplantant tous les autres. En effet, Bragis signifia quelque chose comme "dans les terres humides" ou "dans les marais". De plus sur le plan phonétique, dans le Nord de la France, le g intervocalique , au VII siècle, s'est effacé en dégageant un yod. Comme, à la même époque, le a latin libre et accentué s'est obscurci en e (marem devient mer), on est passé normalement de bragis à Breis, puis Briis. En définitive, c'est donc à la présence caractéristique de plusieurs étendues boueuses ou même de marais, au temps où la France s'appelait encore la Gaule, que Briis doit son nom. Des travaux ont dû assainir ce secteur. G. Massot |
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